Mauvais jour

8h du matin : je poireaute devant mon ordinateur. Je vérifie ma boîte mail toutes les 30 secondes.

J’attends le BÀT de l’auteur pour la couverture de son ouvrage. Je l’attends, pour pouvoir envoyer le fichier à l’imprimeur.
Restera ensuite à obtenir le BÀT de l’intérieur du bouquin.

Je me frotte les yeux (couchée à 4h du matin pour faire ce BÀT, justement). Je bâille. Je vais nourrir les chats. Je vérifie que mon fils dort encore, ou du moins n’appelle pas.
J’attends. Je décide d’écrire un article pour le blog, en attendant.

Rien ne s’est passé comme prévu, sur la fin. Ce n’est pas la première fois, ce n’est pas la dernière, mais il y a des jours où ça file plus le bourdon que d’autres. Là, je suis dans un  jour bourdon.

Les fichiers devraient être chez l’imprimeur depuis déjà longtemps, à vrai dire je devrais être en train d’attendre la livraison, là. Pas qu’on soit en retard par rapport à la parution de ce livre, mais parce qu’on l’imprime en même temps que le précédent, qui, lui, devait paraître dans une quinzaine de jours.
Quand on s’est rendu compte que tout ne serait pas fini à temps, on est dit : bon, tant pis, imprimons en deux fois. Nouveau devis demandé. Mais l’impression des 2 livres séparément nous aurait coûté plus de 300€ supplémentaires (question de frais fixes, de reliage et pelliculage de la couverture, de transport). Pas les moyens en ce moment. J’ai vu avec l’auteur de l’autre livre : c’est d’accord. Les souscripteurs auront le livre à temps. Pour les libraires, ça sera un peu plus tard, vu qu’il nous faut approvisionner le distributeur 15 jours avant la livraison, en théorie.
Donc, nouvelle deadline. Mais il y avait un autre élément à prendre en compte : le livre faisait partie des sélections pour un prix (pas des nominations ; la sélection indiquait  simplement qu’il remplissait les conditions pour concourir à ce prix). Nous avions envoyé une impression reliée à chacun des membres du jury, comme convenu avec l’organisateur du prix, en leur assurant que le livre fini serait disponible le jour de la remise des prix – et pour ce dernier point, on a encore largement le temps). Sauf que certains membres ont refusé de lire dans ces conditions. Donc on essaye de savoir quelle est la date limite pour leur envoyer le livre fini, en grommelant un peu dans notre barbe quand même, si on avait su, on ne serait pas tapé plusieurs fois 400 pages r°/v° à imprimer, relier et envoyer (ça coûte cher, et en ce moment on est un peu dans le rouge). On speede. Avant même qu’on ait eu la réponse, on a reçu le communiqué annonçant les nominations. Bon, ok. Grommelle, grommelle. On se console un peu quand l’organisateur, très sympa, nous propose de reparticiper l’année d’après.
Revenons à notre bouquin : on arrive à la date à laquelle on ne touche plus à rien à part les problèmes d’ortho-typo. L’auteur a pris des jours de congés pour tout relire. Un mail : problème de santé, il ne va pas pouvoir aller aussi vite que prévu, devant passer beaucoup de temps couché. Et merde. Note : quand on sera riche, offrir un ordinateur portable à tous nos auteurs.
De toute façon on n’a toujours pas la mascotte non plus. Problème de scanner. Note : quand on sera riche, offrir un scanner, portatif (on ne sait jamais), à nos illustrateurs.

Bon, hier soir on est tombés d’accord sur un 4e de couverture, c’est déjà ça. Ce qui m’a permis de finaliser la couverture et d’envoyer le BÀT à l’auteur, ce qui me ramène à ce matin, 8h30 maintenant, à poireauter devant ma boîte mail en écrivant ces lignes alors que, j’imagine, l’auteur est tout assommé des calmants qu’il a dû prendre pour pouvoir dormir…

Ah, un mail.
Et merde. C’est pas l’auteur, c’est mon associée. Qui me signale encore des retours
Je vais aller me noyer sous la douche, en croisant les doigts pour que lorsque j’aurai le BÀT, l’imprimeur ne me dise pas qu’il a une panne machine ou que son transporteur fait grève…

Heureusement, il fait beau. Pourvu que ça dure.

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A propos Menolly

Cocréatrice des éditions Griffe d'Encre en 2006, je dirige la collection Novella, et codirige les Romans avec Magali. Je suis également gérante de la société, webmastrice du forum, du site et de la boutique, correctrice, maquettiste, et chargée de la fabrication des livres griffés. Le repassage, par contre, c'est pas mon truc.
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5 commentaires pour Mauvais jour

  1. Sol dit :

    Tiens, ça me rappelle des trucs.
    Au boulot, ma façon de calculer le temps nécessaire pour un projet : j’imagine le pire du pire des cas, si rien ne marche, si tout foire, le temps qu’il faudra pour le boucler… Et je multiplie par deux.
    ça fait rire tous les nouveaux venus, évidemment. N’empêche que quelques années plus tard, ils me disent : « Tu sais, t’avais raison ! »
    Je crois que ça peut marcher pour vous aussi 😉

    (et sinon, là, quel est l’état de ta boîte mail, à 12h20 ?)

  2. Menolly dit :

    Eh bien, le rétroplanning sur lequel on s’appuie est un peu calculé comme ça, en général. Et même en plus pessimiste que ça parfois (du style pour certaines choses, je demande 5 semaines alors que si tout roule je peux mettre 2h). Là, je suis déprimée, mais pas du tout en retard par rapport à la date de sortie pour le bouquin en question. Et l’autre est chez l’imprimeur depuis longtemps. À l’origine, on ne devait pas les imprimer en même temps, d’ailleurs.

    Mais bon, y a eu nettement pire, comme situation. Comme la fois où en revenant de chez un imprimeur – après un certain nombre de contre-temps qui avaient fait qu’on était encore dans les temps mais tout juste – j’ai joyeusement déballé les 300 bouquins, les ai regardés un par un dans le blanc des pages, et les ai remballés pour les rapporter illico. Tous étaient déchirés. Tous, sans exception. Là, j’avais pas envie de me noyer sous la douche, j’étais plutôt sur le point de sauter dans mon mixer après avoir bien affûté la lame.

    Tiens, un jour je ferai peut-être un récap de toutes les merdes qu’on a eues rien qu’avec l’impression, pour rigoler. ^^

    Et sinon, là, c’est parti chez l’imprimeur qui n’a pas l’air d’avoir de problèmes. Par contre il commence à faire moche. 😛

  3. Jveuxdusoleil dit :

    Ah oui c’est pas mal aussi.
    5 semaines x7 x24 = 840 heures
    Donc multiplication du temps minimal par 840/2 = 420
    Ok, ça marche. Appliquons le même coefficient multiplicateur à mon projet.
    6 mois (très, très minimal) x420 = 2520 mois = 210 ans
    Heu… Ah. D’ac. Voui. Bon. Soit j’ai foiré mon calcul quelque part, soit je change de projet… ^^

    ça pourrait être intéressant, le post sur les merdes d’impression. Je ne sais pas si ça fait rigoler :p mais je suis bien certaine que je ne peux pas en imaginer le dixième.

  4. Sol dit :

    Oups. Erreur d’identification, désolée…

  5. Menolly dit :

    Un projet sur 210 ans… Intéressant ^^
    Bon, je me note de recenser toutes les merdouilles dont je me souviens sur l’impression. Ça risque d’être un billet assez long, on en a vu de toutes les couleurs (c’est le cas de le dire). 😛

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